Macron appelle à “ne pas confondre le phénomène des migrations” et “le risque terroriste”


Dans un entretien accordé depuis l’Irak où il était en déplacement ce week-end, le chef de l’État a appelé à distinguer “les risques terroristes” des “phénomènes de migrations”.

Emmanuel Macron a appelé, ce dimanche depuis l’Irak où il est en déplacement, à “ne pas confondre le phénomène des migrations” avec “le risque terroriste”, dans le contexte de crise liée à la prise de pouvoir forcée des talibans le 15 août dernier.

“Je pense qu’il ne faut pas confondre les risques terroristes et la dangerosité et le phénomène des migrations”, a-t-il déclaré lors d’un entretien accordé à TF1 diffusé dimanche. “Il y a parfois des liens, il y a des gens qui commettent le pire sur notre sol qui sont issus de l’immigration récente ou plus ancienne. Pour autant, je distingue ces deux notions de manière très claire”, a-t-il insisté.

Des propos qui n’ont pas manqué de faire réagir la présidente du Rassemblement national: “Le lien entre immigration et terrorisme n’est pas anecdotique comme semble le dire M. Macron”, a réagi Marine Le Pen sur Twitter dimanche soir. “La route migratoire qui s’ouvre doit être empêchée et des cités d’accueil ouvertes dans les pays frontaliers de l’Afghanistan: il en va de la sécurité de la France et de l’Europe”.

Tollé après ses propos sur les migrations

Lors de son allocution dédiée à la situation en Afghanistan le 17 août dernier, Emmanuel Macron avait provoqué un tollé au sein de l’opposition de gauche, en affichant sa volonté de protéger la France de “flux migratoires irréguliers” venus d’un pays “destabilisé”.

“Nous devons anticiper et nous protéger contre des flux migratoires irréguliers importants qui mettraient en danger ceux qui les empruntent, et nourriraient les trafics de toute nature”, avait-il déclaré. “La déstabilisation de l’Afghanistan risque également d’entraîner des flux migratoires irréguliers vers l’Europe”, avait-il aussi déclaré, ajoutant:

“La France, comme je l’ai dit, fait et continuera de faire son devoir pour protéger celles et ceux qui sont les plus menacés. Nous prendrons toute notre part dans le cadre d’un effort international organisé et juste. Mais l’Afghanistan aura aussi besoin dans les temps qui viennent de ses forces vives et l’Europe ne peut pas à elle seule assumer les conséquences de la situation actuelle”, avait encore lancé le président.

“Je ne pense pas que la situation soit comparable à 2015”

“Je ne pense pas que la situation que nous allons vivre soit comparable à 2015, parce que l’Afghanistan n’est pas la Syrie et qu’il y a déjà eu de très forts mouvements”, a également déclaré Emmanuel Macron lors de ce nouvel entretien depuis l’Irak. “Ce qui est sûr, c’est qu’il y aura plus de monde qui essaiera de venir en Europe, et donc ça crééra une pression sur nos capacités à accueillir”, a-t-il poursuivi.

“On commence à voir augmenter ces arrivées, un peu”, a-t-il dit, mais “il ne faut pas susciter des peurs inconsidérées.” Concernant le droit d’asile, il a répété que la France allait par ailleurs accueillir les Afghans menacés par les talibans. “C’est inconditionnel, nous devons le faire et nous l’avons toujours fait”.

Interrogé sur le risque d’attentats en France, Emmanuel Macron a répondu que “le risque zéro d’attentat n’existait pas en la matière”, soulignant néanmoins que les attentats perpétrés ces dernières années sur le territoire étaient “plutôt le fait d’individus isolés influencés par des contenus extérieurs mais pas de complots construits depuis l’extérieur”. “Je suis très prudent, tout peut arriver”, a-t-il toutefois noté, avant d’ajouter: “C’est pourquoi il nous faut toujours être dans la vigilance”.

Au cours de cette interview, Emmanuel Macron a ajouté qu’ouvrir des discussions avec les talibans n’impliquait pas une reconnaissance ultérieure de leur gouvernement, posant par la même occasion plusieurs conditions dont “le respect des des droits de l’homme” et “de la dignité des femmes afghanes”.

“Nous avons des opérations à conduire, qui sont des évacuations” et “ceux qui ont le contrôle de Kaboul et du territoire (afghan) sont les talibans, donc de manière opérationnelle, (…) nous devons avoir ces discussions” mais “cela ne préjuge pas d’une reconnaissance, parce que nous avons posé des conditions”. “Nous allons tout faire pour obtenir des résultats et protéger des vies”, a encore affirmé le chef de l’Etat depuis Erbil.

Jeanne Bulant Journaliste BFMTV

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