Mahmoud Abbas renoue le dialogue avec Israël


Le président palestinien, Mahmoud Abbas, à Ramallah, en Cisjordanie, le 25 mai 2021.

L’entrevue est demeurée secrète jusqu’au dernier moment. Elle a eu lieu au soir, sans photographie ni discours. Mais dimanche 29 août, Mahmoud Abbas a bien fini par s’y résoudre : dans son palais de la Mouqata’a, à Ramallah, le président de l’Autorité palestinienne (AP) a rencontré, pour la première fois depuis 2014, un ministre israélien, Benny Gantz, en charge de la défense.

Cette amorce de dialogue entérine la chute de Benyamin Nétanyahou, dont M. Abbas boycottait officiellement le gouvernement depuis plus de trois ans. Elle confirme au passage que pour lui, la coalition qui a déposé M. Nétanyahou en juin ne sera pas éphémère. Elle intervient enfin immédiatement après la première visite du nouveau premier ministre, Naftali Bennett, à Washington.

Face à M. Bennett, le 27 août, le président américain, Joe Biden, s’est montré peu dissert sur la question palestinienne, reléguée au bas de ses préoccupations. Cependant, M. Biden a souligné « l’importance des mesures visant à améliorer la vie des Palestiniens ». Son administration a aussi demandé à Israël d’« atténuer les risques » après le dernier conflit avec le Hamas dans la bande de Gaza, en mai.

« Il n’y a pas de processus diplomatique »

Le bureau de M. Bennett a tenu à minorer, lundi, l’importance d’un échange de ” routine “ entre l’autorité militaire et l’AP. « Il n’y a pas de processus diplomatique avec les Palestiniens, et il n’y en aura pas », précisait un officiel anonyme proche du premier ministre. En était-il besoin ? Cet ancien représentant des colons de Cisjordanie l’a affirmé dès juin : les relations avec l’Autorité palestinienne seront limitées, durant son mandat, aux seuls domaines économique et sécuritaire. Lundi, M. Gantz a résumé à sa manière cette logique, en estimant que « plus l’Autorité palestinienne est forte, plus faible sera le Hamas (…). Plus sa capacité à gouverner sera grande, plus nous serons en sécurité, et moins nous aurons à faire nous-mêmes ».

Dans un premier temps, des permis de résidence seront donc accordés à des habitants de Cisjordanie sans statut légal. Quelque 5 000 personnes (sur environ 50 000) seront d’abord concernées, a confirmé lundi soir Hussein Al-Sheikh, responsable de la coopération sécuritaire avec Israël, qui a assisté à l’entrevue de dimanche. Nombre d’entre eux sont des conjoints de Palestiniens, dont Israël refuse d’entériner la citoyenneté, l’Etat hébreu maîtrisant les registres d’état civil dans les territoires.

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