Microsoft Flight Simulator : le simulateur star poursuit son ascension


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ENTRETIEN // Depuis son lancement sur PC en août 2020, la nouvelle itération de Simulateur de vol accueille des évolutions et ajouts à un rythme effréné — qu’elle entend bien maintenir pour les mois et années à venir. Nous en discutons avec son directeur.

Simulateur de vol Microsoft

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Fonctionnement du tableau de prix

Le 18 août dernier, Simulateur de vol Microsoft fêtait son premier anniversaire. Pourtant, la simulation est encore aujourd’hui dans sa phase d’ascension. Présente à la Gamescom pour quelques annonces de mises à jour d’importance à venir dans les prochains mois, elle se voit encore évoluer à vitesse grand V pour de nombreuses années à venir. Nous avons pu en discuter avec Jorg Neumann, son directeur.

“Je me rappelle, il y a un an, quand j’affirmais avec beaucoup d’assurance que nous proposerions une mise à jour majeure tous les mois. Même l’équipe d’Asobo [le studio bordelais en charge du développement de la simulation, NDLR] était un peu inquiète. Ils me disaient, “on va vraiment faire ça ?!”. Mais aujourd’hui, on s’apprête bien à lancer notre 11e mise à jour. Nous avons tenu le rythme !” Elles se divisent jusqu’à maintenant en 5 mises à jour de la simulation — amélioration du comportement des avions, de la retranscription de la météo et du trafic aérien en temps réel… — et 6 mises à jour du monde. Ces dernières consistent en la reprise d’une zone particulière de la planète, retravaillée de fond en comble pour être reproduite avec une authenticité extrême dans la simulation. “Nous sommes extrêmement fiers de ces mises à jour du monde. Elles couvrent maintenant une vingtaine de grandes villes, quelque chose comme un millier de points d’intérêts… J’étais très heureux en particulier quand nous avons pu avoir la France et le Benelux, et Paris !”

Pour cette 6e mise à jour, disponible gratuitement à partir du 7 septembre, ce sont l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse qui sont à l’honneur — un choix de région on ne peut plus approprié pour une annonce faite dans le cadre d’un salon allemand comme la Gamescom. Cette zone du monde bénéficie donc désormais de villes reproduites avec une précision de 7 cm, ainsi que de nouvelles données topographiques permettant une bien meilleure représentation des reliefs. “Au lancement, les Alpes n’étaient pas très bien faites. Mais maintenant, si vous connaissez ces montagnes, vous pouvez voir qu’elles ressemblent exactement à la réalité !”, s’enthousiasme Neumann.

Un travail collaboratif avec des institutions du monde entier

Comme toujours, cette mise à jour représente un authentique exploit technique, et est le fruit d’un travail hautement collaboratif. “Rien de ça ne serait possible si nous étions tout seuls, l’équipe de Flight Simulator et Asobo.” De l’aide est donc nécessaire, en provenance interne de Microsoft en premier lieu, mais pas seulement. “Nous travaillons avec l’équipe Bing Maps, qui nous fournit les données dont elle dispose. Mais cela ne suffit pas toujours, car leur métier n’est pas le même que le nôtre. Nous sommes alignés sur nos besoins en photos aériennes et imagerie satellite de haute qualité ; en revanche, sur les données topographiques, Flight Simulator a besoin de beaucoup plus de précision que Bing Maps. Parfois, ils ont des contrats avec des entreprises qui peuvent nous fournir ces données, mais pas toujours.”

“Dans le cas de la France par exemple, ils n’avaient rien. Mais nous voulions faire la France, non seulement parce que c’est là que se trouve Asobo, mais surtout parce que c’est un pays important pour l’histoire de l’aviation. Alors dans ces cas-là, je vais chercher les données ailleurs. Je suis en contact avec plein de gouvernements à travers le monde. Souvent, ils me redirigent vers leurs instituts géographiques ou d’urbanisme, car ce sont généralement eux qui ont les meilleures données existantes. Ce n’est pas la NASA, ce n’est pas Airbus ; ce sont ces institutions locales, car ce sont elles qui en ont l’utilité. Pour la France, c’est l’IGN qui a pu nous fournir des données extraordinaires — et pas seulement pour la métropole, mais aussi pour les territoires d’outre-mer.”

Les mises à jour du monde incluent également des points d'intérêts (ici, la Philharmonie de l'Elbe, à Hambourg) modélisés

Les mises à jour du monde incluent également des points d’intérêts (ici, la Philharmonie de l’Elbe, à Hambourg) modélisés “manuellement”, avec une fidélité extrême. © Microsoft

Ces données cartographiques sont un outil précieux pour Asobo, mais elles ne suffisent pas à créer automatiquement les modèles 3D utilisés dans la simulation. “Pour les villes, nous utilisons de l’imagerie infrarouge, ce que l’on appelle des DSM (Digital Surface Models) et des DTM (Digital Terrain Models). Les premiers sont réalisés avec des rayons qui rebondissent sur la première surface rencontrée, les seconds avec des rayons qui pénètrent jusqu’au sol. Cela nous permet de créer en substance une photographie 3D de la ville. Là encore, Bing Maps n’est pas toujours capable de nous fournir tout ça — pour Paris par exemple, ils n’avaient rien. Alors je vais trouver des entreprises qui disposent de ce genre de données, et je les leur achète, tout simplement. Ensuite, il faut conformer les données pour qu’elles fonctionnent avec notre pipeline, on retire les arbres pour les remplacer par les nôtres, qui sont plus jolis… Il y a donc un peu de travail manuel à faire, qui nous prend quelques semaines.”

“Au total, une mise à jour du monde représente quelque chose comme un an, un an et demi de travail — pas à 100 % de notre temps évidemment, mais en parallèle d’autres choses. Aujourd’hui, nous travaillons déjà sur des mises à jour à venir en 2022 et 2023.”

Rendre la simulation plus abordable, mais sans compromission

Pour mettre en valeur les lieux concernés par la mise à jour, cette dernière incorpore également de nouvelles activités liées, notamment de nouveaux “Vols de découverte”. Ces derniers, intronisés fin juillet en simultané du lancement de Simulateur de vol sur Xbox Series X/S, proposent de simplement lâcher le joueur instantanément en vol au-dessus d’une ville, d’un monument ou d’un lieu naturel remarquable, sans autre forme de complication. Ils participent à rendre la simulation beaucoup moins austère et exigeante, notamment pour un premier contact. Mais pas question pour autant de sacrifier l’exigence et l’authenticité du produit.

“Depuis le premier jour où j’ai commencé à défendre le projet, je disais que nous souhaitions faire une simulation pour les fans de simulations — les “simmers”, comme on les appelle. Et nous n’avons jamais dévié de cela. Les simmers sont notre cœur d’audience, nous devons faire en sorte qu’ils aiment vraiment le produit. Ils sont notre priorité. Mais Flight Simulator n’est pas un jeu. Il n’y a pas de missions, pas d’objectifs, rien de ce qui fait habituellement un jeu. C’est un produit structuré de façon totalement différente.”

De fait, Jorg Neumann se refuse à employer le terme “joueur” pour parler des utilisateurs de Simulateur de vol. “La seule catégorisation que j’emploie, c’est que nous avons des simmers, et nous avons des visiteurs. Les visiteurs, ce sont des personnes qui ont été attirées par une bande-annonce, qui sont souvent arrivées par le Xbox Game Pass. Notre boulot, c’est de les faire tomber amoureux, et s’ils tombent amoureux, alors ils resteront avec nous.”

© Microsoft

C’est là le rôle de ces vols de découverte… dont l’idée vient en partie d’un joueur invétéré, et pas n’importe lequel : Phil Spencer, le patron de la division Xbox chez Microsoft. “Phil est un gros joueur, mais ce n’est pas un simmer. Et je me rappelle qu’il m’a dit, il y a quelques années, “Ah, j’adorerais pouvoir juste jouer les bandes-annonces !” Il ne voulait pas passer par l’aéroport, effectuer toutes les procédures… Il voulait juste voler. Et en vérité, c’est exactement ce qu’est un premier vol dans la vraie vie. L’instructeur fait décoller l’avion, et une fois qu’on est dans les airs, il nous met dans le siège du pilote, et on ne fait presque rien ! On joue un peu avec le manche, et c’est tout. Mais c’est une sensation extraordinaire, on a vraiment l’impression de voler, d’apprendre quelque chose, et c’est là qu’on tombe amoureux. C’est comme ça qu’on a tous démarré. Et nous essayons de reproduire ça avec ces vols de découverte.”

Musée virtuel

Alors puisqu’il refuse d’être un jeu, Simulateur de vol sera autre chose : une célébration de l’aviation, de son histoire — peut-être même jusqu’à devenir un musée virtuel. C’est en tout cas dans ce sens que va une autre nouveauté intronisée avec cette 6e mise à jour du monde : les “Légendes locales”. Sous cette bannière, la simulation accueillera régulièrement de nouveaux aéronefs historiques, souvent célèbres dans leur pays d’origine, mais pas forcément en dehors de ces frontières. La série commence avec le Junkers Ju 52, un avion de transport allemand lancé en 1930, et affectueusement surnommé “Tante Ju” sur ses terres natales.

Le Junkers Ju 52 dans Flight Simulator, vu de l'extérieur... © Microsoft

Le Junkers Ju 52 dans Simulateur de vol, vu de l’extérieur… © Microsoft

“Nous faisons énormément d’efforts pour inclure ces avions dans la simulation”, s’enorgueillit Jorg Neumann. “Nous réalisons des scans de l’intérieur et de l’extérieur avec une précision d’un millimètre. Pour le Ju 52, nous avons travaillé avec une organisation qui possède et préserve l’un des tout derniers exemplaires en état de vol. Nous l’avons scanné, nous avons fait des prises de son… Nous avons aussi pu travailler avec un pilote qui l’a piloté, et qui nous a donné de retour sur son comportement en vol.”

...et de l'intérieur. © Microsoft

…et de l’intérieur. © Microsoft

“C’est l’une des parties les plus exaltantes de mon job, de pouvoir discuter avec les conservateurs. Ces avions, ce sont leurs bébés, leur vie. Et quand ils nous voient arriver avec nos scanners, ils comprennent que, alors que les vrais appareils vont inexorablement se détériorer, nous allons pouvoir les préserver indéfiniment sous forme numérique ! Nous leur donnons d’ailleurs nos scans, pour qu’ils puissent en faire l’usage qu’ils veulent — et aussi de l’argent qui va les aider à préserver l’appareil réel.”

Ces avions seront proposés en contenu additionnel payant, “mais à un prix aussi bas que possible”, nous promet Neumann, “pour qu’un maximum de gens puisse y accéder.” Et pour la suite ? “Nous avons déjà une liste d’une centaine d’appareils que nous voudrions faire, et je suis très impatient, parce que c’est célébrer l’histoire de l’aviation d’une manière qui n’est sans doute possible que dans Flight Simulator.”

Top Gun et des courses en ligne à l’horizon

Et ce ne sont pas là les seules nouveautés à venir dans les tout prochains mois pour Simulateur de vol. Outre du contenu en lien avec le film Top Gun Maverick à paraître en novembre, on verra aussi dans le courant de l’automne l’ajout d’un nouveau mode créé en partenariat avec les Courses aériennes de Reno. Il s’agira de la toute première apparition d’un mode multijoueur dans l’histoire de la série Simulateur de vol. Une excellente démonstration, pour Jorg Neumann, de l’évolutivité de la simulation qu’il vante tant. “Avec des mises à jour de ce genre, on étend vraiment ce que la plateforme est capable de faire. Les joueurs vont s’en emparer, on compte sur les moddeurs et les tiers pour créer des choses complètement folles avec ces nouvelles possibilités. J’ai hâte !”

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