le président du Parlement européen appelle l’UE à «prendre ses responsabilités»


Le président du Parlement européen s’est dit mercredi 1er septembre «très déçu» de la frilosité des pays membres de l’UE sur la question migratoire, appelant l’UE à «prendre ses responsabilités» face à l’afflux attendu de réfugiés afghans fuyant les talibans.

«Nous ne pouvons pas prétendre que ce ne sont pas nos affaires», s’est insurgé David Sassoli, lors d’une conférence sur l’avenir de l’Europe au forum annuel stratégique de Bled, en Slovénie. Il s’exprimait au lendemain d’une réunion à Bruxelles des ministres de l’Intérieur de l’UE, qui ont dit compter sur les pays voisins de l’Afghanistan pour que les réfugiés restent dans la région et n’affluent pas en Europe. «Nous sommes très déçus par les conclusions de la réunion», a réagi le chef du Parlement, exhortant l’Europe à «prendre ses propres responsabilités» et à «établir une politique commune».

«Nous avons besoin d’une voix forte et commune sur la scène internationale», a-t-il insisté, alors que les ministres européens de la Défense et des Affaires étrangères doivent se retrouver jeudi et vendredi en Slovénie, qui occupe la présidence semestrielle de l’UE. Le premier ministre souverainiste hongrois, présent à la même table ronde, a dénoncé une telle «approche susceptible de détruire l’identité culturelle de l’Europe». «Je pense qu’il n’est pas possible de combler les différences d’opinion au sein de l’UE, donc le seul moyen est de rendre aux nations leurs droits sur cette question de la migration», a déclaré Viktor Orban. «Ceux qui affluent sont tous musulmans et modifient la composition de notre continent», a-t-il poursuivi. «C’est un défi pour notre héritage chrétien».

La victoire des talibans en Afghanistan, après 20 ans d’une guerre déclenchée par l’intervention d’une coalition internationale menée par les États-Unis, a fait resurgir la crainte d’une crise migratoire similaire à celle de 2015. L’accueil des migrants est un sujet hautement sensible dans l’UE, qui n’arrive pas à se mettre d’accord pour réformer son système d’asile. Le ministre luxembourgeois Jean Asselborn avait déploré mardi que la politique migratoire européenne aille «dans la mauvaise direction», appelant l’UE à «établir des programmes de réinstallation (de réfugiés) pour donner espoir aux gens qui sont poursuivis, qui ne peuvent plus vivre normalement en Afghanistan».


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