Test Jabra Elite 3 : des écouteurs true wireless efficaces et sans fioritures


Malgré sa grande expérience dans le nouveau monde des écouteurs vrai sans fil, Jabra ne s’était jusqu’alors jamais aventuré sur le terrain de l’entrée de gamme. Pour le conquérir et se distinguer, le fabricant danois a donc lancé en septembre 2021 les Elite 3, un modèle qui souhaite proposer la meilleure qualité d’écoute possible à prix doux.

Pour s’acquitter de cette très lourde tâche, les Elite 3 mettent en avant les performances de leurs deux haut-parleurs de 6 mm et leur compatibilité avec le codec aptX. Pas de réduction de bruit active au programme, mais une solide isolation passive promise par la conception intra-auriculaire des écouteurs. Cette quête du son passe également par la qualité de captation pour les appels, qui serait assurée par la double paire de microphones intégrés. Jabra n’oublie pas pour autant l’expérience de port et d’utilisation, avec le nouveau design de ses écouteurs, des contrôles mécaniques complets, et la compatibilité avec la fidèle application Jabra Sound+.

Les Jabra Elite 3 sont disponibles à leur lancement au prix de 80 €. Nous les avons testés dans leur version 1.0.8, avec une application Jabra Sound+ en v. 5.0.1.

Les Elite 3 adoptent une conception parfaitement intra-auriculaire. Leurs embouts s’insèrent ainsi dans l’entrée du conduit auditif pour le sceller. Le port des écouteurs s’accompagne donc d’une isolation passive très correcte, mais aussi d’une sensation d’intrusion non négligeable qui peut, comme avec tous les intras, déranger les personnes les plus sensibles.

Le mode d'écoute des bruits environnants permet de s'affranchir d'une partie de l'isolation passive prodiguée par les écouteurs. Il est ainsi plus facile d'appréhender les annonces vocales dans les lieux publics et d'anticiper certains dangers. Le rendu n'est cela dit pas extrêmement naturel, pui...

Le mode d’écoute des bruits environnants permet de s’affranchir d’une partie de l’isolation passive prodiguée par les écouteurs. Il est ainsi plus facile d’appréhender les annonces vocales dans les lieux publics et d’anticiper certains dangers. Le rendu n’est cela dit pas extrêmement naturel, puisqu’on ressent encore l’effet du port des écouteurs (atténuation des aigus, transmissions solidiennes dans les graves liés à la marche…).

Cela dit, la conception des Elite 3 et des embouts “EarGels” limite le phénomène en question : les intras se montrent au final relativement discrets une fois insérés. En outre, grâce à leur petite taille, leur légèreté et leur design particulier, ils peuvent être portés confortablement pendant de longues sessions sans faire ressentir de gêne particulière. Évidemment, une pause de temps à autre ne sera pas de trop, mais rien de surprenant compte tenu de leur conception. Rien à redire en ce qui concerne le maintien : même sans système de stabilisateur (ailettes ou crochets), les Elite 3 restent toujours bien en place une fois positionnés.

Expérience d’utilisation

La prise en main des Elite 3 n’a rien de sorcier : une fois les écouteurs sortis de leur boîtier, il suffit de les sélectionner dans la liste des appareils Bluetooth pour les appairer et les utiliser. Une première surprise nous attend cependant lors des premières secondes d’utilisation, car le fabricant a fait le choix de ne pas conserver les habituelles et très pratiques annonces vocales intégrées. En lieu et place de celles-ci, de simples alertes sonores, certes de bonne qualité, mais clairement moins intuitives, ne seraient-ce que pour aiguiller les débutants. Rares sont les concurrents directs à en proposer cela dit, mais c’est tout de même regrettable.

Autre petit reproche que l’on pourrait faire aux alertes sonores : celle assignée au niveau de batterie faible est si discrète qu’elle peut parfois faire croire à une micro coupure de signal (les alertes sonores se substituent très brièvement à la diffusion en cours lorsqu’elles retentissent).

Autre petit reproche que l’on pourrait faire aux alertes sonores : celle assignée au niveau de batterie faible est si discrète qu’elle peut parfois faire croire à une micro coupure de signal (les alertes sonores se substituent très brièvement à la diffusion en cours lorsqu’elles retentissent).

Les Elite 3 offrent une très large palette de contrôles à portée de doigts : activation de l’assistant vocal du smartphone, activation/désactivation du mode « HearThrough » (écoute des sons environnants) et baisse du volume d’écoute sur l’écouteur de gauche ; gestion de la lecture, navigation entre les pistes, augmentation du volume sur l’écouteur droit. La gestion des appels peut quant à elle se faire avec l’écouteur gauche ou droit puisqu’il est possible d’utiliser l’un ou l’autre en solo — la gestion de la lecture prend aussi la place de l’activation ou non du HearThrough dans le cas où seul l’écouteur gauche est utilisé. Cette liste très complète n’est toutefois valable que lorsque les deux écouteurs sont chaussés dans les oreilles, et sans possibilité de réassigner soi-même les contrôles dans l’application, celle-ci se retrouve donc tronquée avec un seul écouteur actif. On ne peut pas tout avoir…

Les boutons mécaniques des écouteurs sont particulièrement agréables à utiliser.

Les boutons mécaniques des écouteurs sont particulièrement agréables à utiliser.

Du côté des fonctionnalités et paramètres avancés, Jabra a fait dans la simplification. L’application Jabra Sound+ se retrouve en effet dépouillée de pas mal d’options avec ces Elite 3 : un guide de démarrage qui permet d’appréhender rapidement les commandes intégrées, un aperçu du niveau de la batterie, 6 préréglages d’égalisation ainsi que la possibilité d’activer ou non le mode d’écoute des bruits environnants et de la fonction « Side Tone » (retour du son de la voix de l’utilisateur dans les écouteurs au moment des appels). Aucun risque de se perdre.

Application Jabra Sound+ sous iOS

Application Jabra Sound+ sous iOS

À en croire les dires du constructeur, la qualité de l’expérience sonore est l’argument majeur des Elite 3. Nous n’irons pas jusqu’à dire que ce challenge est relevé avec brio et que l’approche de ces écouteurs est parfaite en tous points, cependant, ils ont le mérite de proposer une restitution sonore énergique, globalement bien équilibrée, et relativement naturelle. Les timbres sont plutôt bien préservés et l’on peut apprécier toutes les composantes d’un morceau sans difficulté particulière.

Mesure de la réponse en fréquence (normalisée à 1 kHz, 94 dB), sans aucune égalisation sélectionnée.

Mesure de la réponse en fréquence (normalisée à 1 kHz, 94 dB), sans aucune égalisation sélectionnée.

Comme le démontre notre mesure, les Elite 3 réunissent en effet les ingrédients pour colorer le rendu sonore et ainsi lui donner un aspect plus énergique, percussif et “rentre-dedans” ; un parti-pris d’ailleurs commun à de plus en plus d’écouteurs vrai sans fil sur le marché. Contrairement à certains, ces Elite 3 conservent justement une certaine retenue, qui est d’ailleurs tout à leur avantage : la zone des extrêmes graves et graves, tout comme celle des hauts-médiums, est ainsi flattée, mais sans excès qui pourrait nuire à la reproduction des autres régions du spectre, à la bonne identification des instruments ou même à la fatigue auditive. En outre, les Elite 3 ont aussi pour eux une extension quasi impeccable aux extrémités du spectre audible, ce qui permet d’obtenir des basses profondes, des aigus amples et bien définis, ainsi qu’une sensation “d’air” appréciable, notamment pour la bonne perception de la scène sonore (effets discrets comme des effets de pièce, l’extinction de notes des instruments). Cette dernière se déploie avec une très belle largeur, la séparation des canaux étant par ailleurs excellente.

Mesure de la réactivité des membranes : ondes carrées à 50 Hz

Mesure de la réactivité des membranes : ondes carrées à 50 Hz

Cela dit, on peut trouver tout de même certaines choses à redire sur le niveau de précision et de détail que délivrent ces Elite 3 dans certaines zones du spectre. Comme beaucoup d’autres modèles du marché, le comportement des haut-parleurs n’est pas sans reproche dans le traitement des plus basses fréquences : les attaques sont ici correctement retranscrites, en revanche chaque impact est suivi d’un petit moment de flottement, qui se matérialise par une résonance entraînant parfois un léger effet de masque. Parfois, il arrive que certains instruments se confondent pendant un court instant. Le synthé (“drône” très grave), combiné à la grosse caisse et la basse, dans le morceau As-tu déjà ? de Leprous, ou encore les coups de grosse caisse très rapides et très rapprochés sur Le nom du démon est Surveillance de Meshuggah mettent très bien en lumière ce phénomène.

Mesure du Taux de Distorsion Harmonique (normalisée à 1 kHz, 94 dB)

Mesure du Taux de Distorsion Harmonique (normalisée à 1 kHz, 94 dB)

Il eût été aussi appréciable que les aigus bénéficient d’une reproduction un peu plus fine et subtile pour que ces Elite 3 puissent prétendre à l’excellence. D’infimes traces de distorsion dans cette région sont sans nul doute à mettre en cause, celles-ci ayant tendance à apporter une sonorité légèrement “cassante” aux cymbales (notamment audible sur le charleston) et à exacerber doucement mais surement les sifflantes des voix (sons “s” et “f”). À un volume d’écoute généreux, et selon la nature du mixage et des instruments en présence, il n’est pas rare que cela soit un peu irritant.

Mesure de la réponse en fréquence (normalisée à 1 kHz, 94 dB) : aucun profil d’EQ (noir), profil “Fluide” (bleu), profil “Dynamiser” (orange). Ce dernier n’est présenté ici que pour l’exemple, son activation ne présente aucun intérêt si ce n’est d'exacerber à outrance les défauts mentionnés dans...

Mesure de la réponse en fréquence (normalisée à 1 kHz, 94 dB) : aucun profil d’EQ (noir), profil “Fluide” (bleu), profil “Dynamiser” (orange). Ce dernier n’est présenté ici que pour l’exemple, son activation ne présente aucun intérêt si ce n’est d’exacerber à outrance les défauts mentionnés dans notre analyse.

Une possibilité existe cependant pour calmer ce comportement, et cela passe par un des préréglages d’égalisation proposés par l’application. En sélectionnant le profil “Fluide”, on adoucit la mise en avant des hauts-médiums, ce qui plaira sans nul doute aux personnes qui se savent sensibles à ce niveau, et on gomme en partie — mais pas totalement — les problèmes de précision. Néanmoins, comme le fabricant ne donne malheureusement aucune possibilité de personnaliser les profils sonores, ce choix a aussi pour conséquence de gonfler les basses et de les rendre un peu moins précises qu’avec le profil “Neutre”.

Points forts

  • Restitution sonore riche, homogène et énergique.

  • Simplicité d’utilisation, commandes très complètes (avec les deux écouteurs).

  • Confortables, maintien bienassuré.

Points faibles

  • Déficits de précision dans les extrêmes basses et dans les aigus.

  • Commandes tronquées lors de l’usage avec un seul écouteur.

  • Application pauvre en fonctionnalités et réglages.

Conclusion

on a testé on a aimé

Les prestations offertes par ces Elite 3 sont tout à fait cohérentes avec ce que l’on est en droit d’attendre d’eux, aussi bien en termes de confort, d’utilisation que d’expérience d’écoute. Ils ne sont clairement pas les écouteurs vrai sans fil les plus performants et les plus complets sur le marché, mais ils se positionnent comme un bon choix pour qui souhaite un modèle simple, efficace et peu onéreux. En outre, leurs boutons mécaniques et leur conception intra-auriculaire pourront séduire celles et ceux qui n’apprécient pas les commandes tactiles ou qui cherchent une isolation passive, sans réduction de bruit active.

Sous-Notes

  • Fabrication & accessoires

  • Confort & maintien

  • Expérience d’utilisation

  • Autonomie

  • Kit mains-libres

  • Latence

  • l’audio

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