Antoine Griezmann et Diego Simeone : se quitter pour mieux se retrouver


Deux saisons après avoir quitté le domicile familial, Antoine Griezmann est enfin de retour au bercail. A l’image d’un grand ado parti faire le tour du monde pour tenter de donner un sens à sa vie, le champion du monde français n’a pas pu résister au rappel de ses racines. Et qui était présent pour l’attendre sagement sur le pas de la porte ? Diego Simeone, forcément. Lui, le père spirituel, celui qui a laissé partir sa progéniture pour lui donner une leçon de vie après avoir transmis toutes les clés pour en faire un homme.

Mentor, modèle, formateur… appelez-ça comme vous le voulez, mais la relation entre le tacticien argentin et l’attaquant français est tout sauf celle d’un joueur et de son entraîneur. Antoine Griezmann ne serait pas Antoine Griezmann sans Diego Simeone. Car ces deux-là ont plus qu’un passé commun. Ils ont vécu une aventure, une idylle de cinq longues années, aussi intenses que déchirantes.

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Des débuts compliqués…

Leur rencontre remonte à 2014, lorsque Griezmann quitte la Real Sociedad pour l’Atlético Madrid contre 30 millions d’euros. Alors âgé de 23 ans, Grizou fait le bonheur de son club formateur, pour qui il inscrit 52 buts en plus de 200 rencontres. Et Diego Simeone distingue tout de suite “le diamant brut à polir” en regardant ce petit ailier se démener à l’entraînement. Mais il ne le juge pas encore prêt. Bien trop immature physiquement et tactiquement, il ne lui donne quasiment pas la moindre minute de temps de jeu dans son équipe constituée de guerriers prêts à donner leur vie à chaque fois qu’ils enfilent le maillot Colchonero.

Avec Griezmann, Simeone a été dur, tout de suite. “Je me suis retrouvé avec un entraîneur tout le temps sur mon dos. Il y avait toujours sa voix, son exigence qui résonnaient en moi. Il m’a demandé des choses que je ne pensais pas savoir faire”, se rappelle le buteur des Bleus, frustré par l’exigence d’El Cholo. Mais toujours en silence, car Griezmann a tout de suite compris qu’il devait s’engaillardir pour obtenir une place dans la rotation madrilène. Avec cet entraîneur, rien ne lui tomberait tout cru dans la bouche.

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Mais une première remarquée

Tout commence réellement le 3 décembre 2014. A la mi-temps d’un 16e de finale de Coupe du Roi, Diego Simeone demande à son jeune attaquant de se tenir prêt à entrer sur le terrain. Un but marqué et un avertissement reçu pour un gros tampon sur un adversaire plus tard, Antoine Griezmann était devenu un vrai “Colchonero” : un dur au mal qui s’est sacrifié pour ramener une victoire au club rouge et blanc. Simeone était conquis.

Il faut dire que le mantra d’El Cholo peut se résumer en deux mots : agressivité et intensité afin de fournir un pressing total capable de mettre à mal la plus prodigieuse attaque au monde. Enfin combatif et régulier, Antoine Griezmann pouvait commencer sa métamorphose. Et pour plaire à son coach, il enchaîne les matches en laissant ses tripes sur la pelouse lors de chacune de ses apparitions.

Il met six mois à gagner la confiance de Simeone pour devenir titulaire : “Mon rôle est d’amener le joueur vers ses limites, de le provoquer, de l’énerver contre moi, car dans cet énervement, se trouve la volonté de s’améliorer”, philosophait ce dernier, sous le charme d’une progéniture dont il prend plaisir à voir évoluer. Du jeune garçon arrivé de la Real Sociedad, Diego Simeone avait réussi à faire un homme, un vrai.

“Cette Coupe du monde, elle est aussi pour toi”

En arrivant à l’Atlético, Griezmann jouait ailier. “Quand je l’ai mis attaquant, on a voulu me tuer ! Mais je savais qu’il allait se plaire à ce poste”. Jusqu’à devenir une référence. Complètement conquis par son rôle au sein de l’écurie Colchoneros, en 2017, alors que la fin de son contrat approche, Griezmann ne se pose aucune question sur la suite de sa carrière : “J’ai encore besoin d’apprendre avec Simeone”. Même son de cloche du côté du tacticien argentin : “Je ne peux souhaiter que le meilleur aux joueurs qui donnent leur vie comme Antoine. Il est devenu un homme et est en train de devenir l’un des meilleurs au monde”. C’est donc tout naturellement que ces deux-là ont décidé de continuer leur aventure commune, avec une prolongation courant jusqu’en 2021.

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Au sommet de son art, Antoine Griezmann rapporte à l’Atlético la troisième Ligue Europa de son histoire au terme d’une saison 2017-2018 où il a marqué 19 buts et offert 9 passes décisives en championnat. En pleine confiance, il s’envole pour la Russie afin d’y disputer la Coupe du monde avec l’équipe de France. Pour un résultat que tout le monde connaît.

Le 15 juillet 2018, quelques minutes après avoir brandit le Graal de tout footballeur, son premier message n’est pas destiné à Didier Deschamps, Paul Pogba, sa femme, ou ses enfants. Mais à celui à qui il estime tout devoir : Diego Simeone. A qui il envoie une photo de la Coupe du monde, en écrivant : “Regarde comme elle est belle. Si je l’ai fait, c’est aussi grâce à toi. Cette coupe, elle est aussi pour toi”.

Le retour du Roi

Tout naturellement, El Cholo milite pour que son protégé soit reconnu à la hauteur de son talent. Interviewé par France Football, Simeone part en croisade pour que Griezmann remporte le ballon d’Or : “Intrinsèquement, on peut dire que Messi et Cristiano Ronaldo sont les meilleurs joueurs du monde, mais sur cette année 2018, non ! C’est Antoine qui a été au-dessus de tout le monde”. Raté.

La saison suivante est sa moins prolifique avec l’Atlético. Antoine Griezmann semble avoir envie d’ailleurs et ses yeux lorgnent le FC Barcelone, avec qui il pense pouvoir passer un dernier palier. Le 14 mai 2019, il s’adresse à ses supporters dans une vidéo pour annoncer qu’il quitte le navire pour rejoindre Lionel Messi et compagnie, avec qui il veut agrandir son armoire à trophées. Oui, toutes les belles histoires ont une fin.

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Mais Simeone ne lui en voudra jamais : “Je n’attends rien d’autre que sa réussite à Barcelone”, déclare-t-il au moment du départ de son petit protégé. Mais l’aventure de Griezmann en terres catalanes ne se déroule pas comme espérée. Cantonné sur l’aile gauche par Ernesto Valverde et Quique Sétien, il ne trouve pas sa place. Et les médias locaux ne manquent pas de lui tomber dessus. Entre cirage de banc et contre-performances, Grizou s’enlise et perd de sa superbe. Et s’il est totalement relancé et de nouveau mis en confiance par Ronald Koeman la saison dernière, son passé semble le hanter.

Renvoyé chez lui à la toute dernière minute du mercato, Antoine Griezmann est apparu radieux sur la pelouse du Wanda Metropolitano, pour la présentation officielle de son retour à l’Atlético. Et pour l’occasion, l’international français a décidé d’apparaître avec une toute nouvelle coupe de cheveux : celle de ses débuts avec les Colchoneros. Comme un symbole : l’aventure peut continuer. Pour le plus grand plaisir de Diego Simeone.

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