Commémoration des 20 ans du 11-Septembre : l’Amérique en quête d’unité


Joe Biden a défendu le retrait des troupes américaines d’Afghanistan alors que Donald Trump a dénoncé son «incompétence». George W. Bush a quant à lui souligné la désunion du pays, évoquant des «forces du mal» à l’œuvre.

L’Amérique a commémoré ce samedi le 11-Septembre en rendant hommage aux quelque 3000 personnes tuées il y a 20 ans dans les pires attentats de l’histoire, des attaques djihadistes contre la première puissance mondiale aujourd’hui politiquement fracturée et en quête d’unité.

Une cérémonie très solennelle, qui a toutefois laissé une grande place aux émotions, s’est tenue quatre heures durant sous un ciel bleu limpide – comme lors de ce funeste matin du mardi 11 septembre 2001 – au très impressionnant musée mémorial de Manhattan, à New York, là où se dressaient les tours jumelles du World Trade Center détruites par les avions suicides d’Al-Qaïda.

En présence du président Joe Biden, de ses prédécesseurs Barack Obama et Bill Clinton, une première minute de silence a été observée à 08h46, précisément vingt ans après que le premier avion piraté par le commando islamiste a percuté la tour Nord. À la tribune du mémorial, sous les arbres et une brise de fin d’été, Mike Low, qui a perdu sa fille Sara, hôtesse de l’air dans cet avion, a parlé d’un «lieu de mémoire apaisant» construit sur les ruines de «Zéro au sol», où s’élèvent aujourd’hui de nouveaux gratte-ciel.

«C’était hier»

«C’est difficile d’imaginer que c’était il y a 20 ans. C’est comme si c’était hier,» a confié sur place à l’AFP Joanne Pocher-Dzama, dont le frère est mort dans les décombres. Sur ce site, devant les immenses bassins qui ont remplacé les tours, se sont succédé, comme chaque année pendant des heures, des proches de disparus lisant et évoquant – en larmes, la voix étouffée – les noms et le souvenir des 2977 morts sur les trois lieux des attentats (dont 2753 à New York).

La cérémonie de Manhattan a été rythmée par des hommages en musique – à la flûte, au violon ou en chanson – comme avec la star américaine Bruce Springsteen et son «Je te verrai dans mes rêves» à la guitare acoustique. Des minutes de silence ont été observées pour chaque tragédie du 11-Septembre : l’effondrement des deux tours, l’attaque contre le Pentagone près de Washington – où Joe Biden s’est recueilli en fin de journée – et le crash d’un des avions dans la campagne de Shanksville, en Pennsylvanie.

Sur ce champ de Pennsylvanie, où le vol United Airlines 93 s’est écrasé après la résistance héroïque de passagers, l’ancien président républicain George W. Bush, au pouvoir le 11 septembre 2001, a frappé les esprits en déplorant la désunion politique de son pays. Le 43e président des États-Unis s’est dit «fer à repasser» d’avoir «dirigé» après le 11-Septembre «un peuple impressionnant, résilient et uni», mais il a regretté que deux décennies après «ces temps semblent lointains».

«Des forces du mal semblent à l’œuvre», a-t-il jugé à propos du climat politique américain, lui qui avait lancé en représailles au 11-Septembre les interventions en Afghanistan fin 2001 et en Irak en 2003, déstabilisant toute une région et bouleversant les relations internationales. À Shanksville, lors d’un échange informel dans une caserne de pompiers, Joe Biden s’est félicité de l’appel à l’union de George W. Bush. Le président démocrate avait déjà plaidé vendredi pour «l’unité» des dirigeants et citoyens américains.

Biden, Trump et l’Afghanistan

Dans sa ligne de mire, son prédécesseur Donald Trump, accusé d’avoir prospéré au pouvoir sur les fractures de la politique et de la société américaines. L’homme d’affaires républicain, qui n’a pas renoncé à la politique, a fustigé «l’incompétence» de l’administration Biden pour le retrait militaire américain d’Afghanistan qu’il a qualifié d’«horrible». Mais Joe Biden, très critiqué, a encore défendu ce départ de Kaboul, après vingt ans d’occupation, demandant ironiquement s’il fallait «envahir tous les endroits où se trouve Al-Qaïda».

Fin août, après avoir perdu 2500 soldats et dépensé plus de 2000 milliards de dollars, Washington a laissé le pays aux talibans qu’ils avaient pourtant chassés fin 2001 en les accusant d’abriter Oussama Ben Laden, organisateur du 11-Septembre, que les États-Unis ont tué en 2011 au Pakistan.

Sur Times Square, au cœur de Manhattan, où sont traditionnellement fêtées les victoires de l’Amérique, des citoyens étaient aussi à la recherche d’une forme d’union nationale. «Nous semblons tellement divisés aujourd’hui que nous avons besoin de quelque chose qui nous rassemble, mais pas une tragédie,» a réclamé Sherri Cunningham, une sexagénaire portant un T-shirt d’hommage aux victimes du 11-Septembre. Des moments de recueillements ont également eu lieu devant une caserne de pompiers de Brooklyn, qui avait perdu 12 soldats du feu il y a vingt ans.

Selon des chercheurs, le cataclysme du 11-Septembre a bouleversé la société et la politique américaines et est profondément ancré dans l’histoire du pays, à l’image de Pearl Harbor, du Débarquement en Normandie ou de l’assassinat de John Kennedy.

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