Les Etats-Unis commémorent le 11-Septembre sur fond de divisions intérieures


Lors des cérémonies des 20 ans du 11-Septembre, près du mémorial de New York, le 11 septembre 2021.

Le passé et le présent de l’Amérique se sont emmêlés, samedi 11 septembre, à l’occasion des cérémonies de commémoration des attentats commis il y a vingt ans par Al-Qaida. Sur les sites des attaques, les Etats-Unis rendaient un hommage ému et digne aux milliers de disparus. Mais le pays pleurait aussi une unité perdue et s’interrogeait, en creux, sur le sens de ses engagements au cours de ces décennies d’illusions, de déceptions et de reniement, onze jours après le retrait militaire complet d’Afghanistan.

« L’Amérique est-elle plus en sécurité aujourd’hui qu’il y a vingt ans ? » Cette question, adressée de façon récurrente par les présentateurs télévisés à leurs invités, ne suscitait jamais une réponse tranchée et optimiste.

Joe Biden n’a pas prononcé de discours solennel en ce samedi de recueillement, laissant la priorité aux images et aux témoignages des anonymes, aux noms égrenés et aux chants qui s’élevaient. Il s’est rendu sur les trois sites concernés par les commémorations, en masque noir, accompagné de son épouse Jill : d’abord à Manhattan, à New York, puis dans les champs fleuris de Shanksville (Pennsylvanie), où l’avion d’United Airlines 93 s’était écrasé en raison de la résistance des passagers, et enfin au Pentagone, dans l’après-midi.

Le président a diffusé un tweet. « Nous n’oublions jamais. Nous n’oublions jamais les enfants qui ont grandi sans parents. Les parents qui ont souffert sans enfants. Les maris et les épouses qui ont dû avancer sans leur partenaire. Les frères, les sœurs, les personnes aimées. » La photo en noir et blanc accompagnant ce message montrait le recueillement de trois présidents côte à côte à New York, avec leurs épouses : Bill Clinton, Barack Obama et Joe Biden.

George W. Bush « sans explications ni solutions »

De son côté, Donald Trump a organisé son propre programme, en visitant notamment un commissariat de New York. Il y a longtemps insisté sur la « grossière incompétence » de l’administration Biden lors du retrait d’Afghanistan, et notamment l’abandon, entre les mains des talibans, d’équipements militaires « dont j’ai acheté l’essentiel », a-t-il dit. « Je pense que vous allez être très heureux », a répondu Donald Trump à un policier, l’interrogeant sur une nouvelle candidature à l’élection présidentielle.

Samedi, lors de son passage en Pensylvannie, Joe Biden s’est brièvement exprimé devant les journalistes, répondant une énième fois aux critiques sur le retrait confus d’Afghanistan. « Al-Qaida peut-il revenir ? Oui, mais devinez quoi ? Il est déjà de retour dans d’autres endroits. Quelle est la stratégie ? Envahir chaque endroit où se trouve Al-Qaida et y déployer des troupes ? », a interrogé le président. « Il y a beaucoup d’autocrates qui pensent vraiment que la démocratie ne peut pas fonctionner au XXIe siècle, a-t-il poursuivi, évoquant son entretien téléphonique cette semaine avec le président chinois Xi Jinping. Ce n’est pas une blague. Parce que le monde change si rapidement et que les gens sont si divisés, ils pensent qu’on ne peut pas les rassembler pour obtenir un consensus. »

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