Ayman al-Zawahiri, le chef d’Al-Qaïda, apparaît dans une vidéo


La date à laquelle cette séquence a été tournée n’a pas encore été identifiée. Fin 2020, des rumeurs faisaient état de la mort du successeur d’Oussama Ben Laden.

Son visage rond, reconnaissable à son front marqué, n’est pas familier comme celui, longiligne, d’Oussama Ben Laden. Ayman al-Zawahiri, qui a été le médecin personnel du cofondateur d’al-Qaïda et l’un de ses principaux lieutenants, lui a pourtant succédé en 2011 à la tête de l’organisation djihadiste après l’élimination de celui-ci par les forces spéciales américaines. Depuis dix ans, le chef d’al-Qaïda, né en 1951 au Caire, se terre – ou se terrait – pour échapper au sort de son prédécesseur. Et l’on pouvait penser qu’il avait réussi puisque, de novembre à décembre 2020, des rumeurs appuyées ont fait état de sa mort naturelle, des suites d’une maladie.

Pour l’anniversaire des 20 ans des attentats du 11 septembre 2001, la figure d’Ayman al-Zawahiri est pourtant réapparue dans une vidéo d’une heure rendue publique ce samedi par al-Qaïda et analysée par le «SITE Intelligence Group», une ONG américaine qui étudie la propagande numérique djihadiste. Elle est parue sous le titre «Jérusalem ne sera jamais judaïsée», une formule qu’il avait déjà utilisée en 2018 après le transfert de l’ambassade américaine en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem, décidé par Donald Trump. «Il est vital pour nous de cibler l’Amérique», y déclare par ailleurs le successeur d’Oussama Ben Laden.

Mais rien n’indique que cette séquence ait été tournée ces derniers jours, ces dernières semaines ou même ces derniers mois, car le dirigeant djihadiste ne fait par exemple aucune référence à la récente prise de pouvoir des talibans en Afghanistan, entrés dans Kaboul le 15 août. Il fait bien mention du retrait militaire américain, mais celui-ci est en réalité acté depuis l’accord passé à Doha au Qatar entre les talibans et les Américains en février 2020.

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Un livre de 852 pages

Or, le 13 août 2015, le dirigeant d’al-Qaïda avait classiquement prêté allégeance au chef des talibans, Haibatullah Akhundzada, qu’il reconnaissait comme «commandeur des croyants», ce qu’avait également fait Oussama Ben Laden à l’égard du mollah Omar. Le groupe djihadiste reconnaît l’autorité de «l’émirat islamique d’Afghanistan» institué par les talibans lorsqu’ils ont pris le pouvoir une première fois en 1996. À cet égard, il est donc étonnant qu’il ne fasse pas mention des derniers événements à Kaboul.

En revanche, Ayman al-Zawahiri se félicite d’une attaque menée par des combattants d’al-Qaïda en Syrie à Tel Saman dans la province de Raqqa contre une base militaire russe. Or, celle-ci a eu lieu en janvier 2021. Le septuagénaire aurait donc au moins été vivant à ce moment-là, soit plusieurs semaines après les rumeurs de sa mort.

Toujours ce 11 septembre 2021, al-Qaïda a également annoncé la publication d’un livre d’Ayman al-Zawahiri dont la préface est datée d’avril 2021. Comportant un tome de 852 pages, l’ouvrage porte sur «la corruption politique et son impact sur l’histoire des musulmans».

Cette vidéo et ce livre ne permettent donc pas d’affirmer que le chef d’Al-Qaïda est encore vivant. «Il pourrait être mort, mais si c’était le cas, cela aurait été à un moment donné en janvier 2021 ou après», a déclaré à Associated Press Rita Katz, la directrice de «Groupe de renseignement SITE». Sur CBS Nouvelles, Michael Morrell, ancien directeur-adjoint et directeur par intérim de la CIA, a pour sa part déclaré qu’Ayman al-Zawahiri pourrait toujours se cacher en Afghanistan. «Les talibans abritent encore le terrorisme aujourd’hui», a déclaré l’ancien cadre de Langley.

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